Me laisser inviter, me laisser visiter !

jmclibrededroit0875   28° dimanche T.O. A

  Mt. 22, 1-14

  Vivre, ce n’est pas posséder. C’est rester aux aguets. Bien des appels me sont adressés, comme autant d’invitations, d’occasions de me laisser déplacer, déranger. Je ne peux pas exister dans une bulle, ni me limiter à fréquenter un petit groupe « sympa ». Plus large, plus inconnu m’attend.

   Pourquoi tarder davantage ? Pourquoi m’esquiver, tant et tant de fois ? L’amitié pourtant ne connaît pas de retard, d’excuses qui auraient le goût du refus, de l’indifférence. Au contraire n’a-t-elle pas la saveur de la rencontre avant, pendant et après la rencontre ? Me dérober, n’est-ce pas creuser un fossé qui peut-être ne sera plus jamais comblé ?

  Ne suis-je pas pris dans un « mauvais système » (Pape François) qui rompt les fils de la vie et l’empêche de porter et de répandre en abondance des fruits d’amour et de fraternité ? Combien de rendez-vous manqués n’ai-je pas à regretter ? Serai-je suffisant à ce point pour ne pas consentir à recevoir et à donner dans un échange qui pourrait faire grandir l’humanité en moi et en beaucoup d’autres ?

   C’est sur ce terrain là que Jésus invite. Mais qui se soucie de répondre ? Pourtant, un repas de noces est prêt, un repas d’alliance, un repas de fête !

   L’art de saisir le temps de la grâce ne trouverait-il plus de peintres ni de compositeurs, de poètes ni de sculpteurs pour accueillir la beauté d’une telle invitation ? Celui qui ne porte pas le « vêtement de noces » symbolise l’interpellation personnelle de la parabole : tous sont appelés, c’est la réalité largement ouverte, celle du Royaume ici et maintenant au creuset de nos existences. Mais peu se laissent élire. Voici alors le passage au concret de l’homme dont la liberté le situe personnellement face à l’appel. « Il est impossible de me comprendre sans un réseau de relations plus large : non seulement mon réseau actuel, mais aussi celui qui me précède et me façonne tout au long de ma vie » écrit le pape François dans sa dernière Encyclique : « Fratelli Tutti ».

  Voilà, peut-être, ce que l’Évangile de ce dimanche veut nous dire, à partir de l’homme qui est là, à la noce, mais encore tout entier en lui-même, sans entrer vraiment dans le mouvement de vie qui pourtant s’offre à lui, gratuitement. Je ne peux être à la fois dedans et dehors. Celui qui ne porte pas le vêtement de noces demeure dehors, s’exclut lui-même. Peut-être cherche-t-il à provoquer, à choquer.

jmclibrededroit0844  Quand Dieu m’invite chez lui, quand Dieu s’invite chez moi, n’est-ce pas pour vivre une rencontre sans laquelle quelque chose manquerait dans ma vie ? Dieu me désire tellement au rendez-vous ! Puis-je le décevoir à ce point, lui le le Dieu-cherchant, Dieu-me-cherchant ?

  Il peut arriver que je refuse de revêtir le vêtement de noces, percevant qu’il me conduit là où, peut-être je ne voudrais pas aller. C’est une bonne expérience pour être rejoint par une nouvelle invitation, car Dieu n’est pas encore lassé de mes détours pour me laisser toucher par lui.

Aurais-je encore assez de persévérance pour consentir à ce que Dieu s’occupe de moi.

   Invité par lui, je le serai sans cesse. Lui-même veut tellement me revêtir du vêtement de noces !

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